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lundi 29 février 2016

Passage de relais...

Les trois premiers mois de l'année obligent à combiner le travail du millésime précédent - concentré en cave et au bureau - et celui de la nouvelle saison à venir...
Mon vigneron est un artiste... *
D'un côté les vins se reposent et se déposent tranquillement dans une cave fraîche, en cuve béton, inox ou en barriques selon les cépages et la cuvée de destination. Ils demandent juste de la surveillance technique et organoleptique surtout, analytique un peu. L'année a été très chaude en moyenne, avec un hiver non rigoureux, une forte chaleur en été mais avec de très rares pointes excessives et des matins pourtant frais pour des mois de juillet et août. 15 est donc un magnifique millésime avec de la couleur et de la matière, qui a nécessité une maîtrise de la maturité (pour éviter l'envolée des degrés d'alcool) à la vendange et un travail en cave sur l'acidité pour conserver des vins tendus. Sur le plan phytosanitaire, un invité nommé black-rot a un peu gâché la fête, comme évoqué dans le billet La Cigale et le Black-Rot, car sans lui c'était l'année parfaite avec une lutte très facile contre les maladies cryptogamiques grâce aux conditions climatiques.
Préparation d'une nouvelle parcelle
Côté vignes, un gros travail de restructuration des vieilles vignes et d'évacuation des bois morts a été réalisé ; il a pris beaucoup de temps depuis mi-décembre, mais le résultat est très encourageant pour les années à venir. Quelques pieds de remplacement vont être plantés cette année en syrah et roussanne. Il reste encore deux petits hectares à tailler. Le travail du sol se prépare et le prêt par un collègue d'un griffon en renfort me permet d'espérer gagner en efficacité. Encore une fois, nous n'avons pas vraiment eu d'hiver; humidité mais pas de gel notable, ce qui a mon sens le fait ressembler à l'hiver précédent. J'espère que ce n'est pas signe d'une année de black-rot à nouveau... Enfin, deux nouvelles parcelles sont en cours de préparation pour la plantation d'ici peu de Roussanne blanche, de Mourvèdre Noir et de Syrah Noir.

* : Chiffonnade de tartrate de potassium à la lie de vin, dépôt naturel du vin où son potassium présent naturellement se compose avec son acide tartrique et se dépose au fond des cuves avec la lie

samedi 11 juillet 2015

La Cigale et le Black-Rot

La cigale
Il est largement temps de faire un point sur la nouvelle saison... Cette année encore les conditions agronomiques et climatiques se révèlent favorables à une jolie sortie de raisins et la chaleur de ces derniers jours incitent à être optimistes quant à l'avancement de la maturité en ce mois de juillet. L'hiver, d'ordinaire saison sèche, nous a gâté en volume de pluie mais pas en niveau de froid car il n'a presque pas gelé... En lien ou pas, une fanfare de cigales, particulièrement dense cette année, dès la première quinzaine de juin nous a gratifiés de l'été !
Les baies se momifient
Côté maladies cryptogamiques, mildiou et oïdium se maitrisent sans grande difficulté tandis qu'une maladie latente dû à un champignon est apparue violemment dans notre secteur : le black-rot, jusqu'alors confiné en Ardèche et dans la Drôme des côtes-du-Rhône septentrionales. Quelques taches sur feuilles avaient été observées l'an passé, mais cette année ce sont les grappes qui sont attaquées ; et l'ampleur a de quoi inquiéter les professionnels du secteur, en particulier les agriculteurs en agriculture biologique car aucun traitement homologué AB n'est performant... L'impact sur la récolte de notre exploitation est, pour le moment, négligeable mais non nul : les grappes subissent une tache arrondie, livide, progressant sur toute la baie en 2 à 3 jours. La partie atteinte s’affaiblit et se colore en brun. Le fruit se momifie et sa surface se couvre de pustules. La réceptivité des grappes se situent de la nouaison - développement du fruit sue la base de la fleur - à la véraison totale - développement de la couleur des baies.

lundi 4 août 2014

Véraison et Aoûtement

Voici deux termes de typique poésie agricole, qui à l'instar d'autres phases agronomiques de la vigne représentent des étapes cruciales, bien surveillées des viticulteurs. Celles-ci ont la particularité de lui indiquer, d'une part s'il peut prendre quelques jours de vacances (1 semaine pas plus, il ne faut pas exagérer!) pour la première, et d'autre part, pour la seconde, si la saison suivante a des chances de se développer sous de belles hospices ou non...
 En effet, la véraison désignant la période pendant laquelle les raisins tous verts, que le cépage soit blanc ou rouge vont, baies à baies, virer du vert au rouge pour les raisins rouges. C'est au cours de cette phase, après la fermeture de la grappe, c'est-à-dire quand les baies grossissent à se toucher les unes les autres, que le fruit de la vigne perd sa si inquiétante sensibilité aux maladies combattues depuis le joli mois de mai : mildiou, oïdium, black rot... D'autres persistent malheureusement, selon les conditions météorologiques comme le botrytis (pourrissement).
En outre, les rameaux jusqu'à présent verts vont se tinter couleur bois, seront nommés sarments ; ce phénomène s'appelle l'aoûtement puisqu'il se produit au mois d'août. Plus la couleur est homogène et sans défaut d'aspect, plus la vigne est saine et plus elle a de chances de redémarrer au printemps dans les plus belles conditions après une taille bien faite.

En photos, le mois d'août commence, nous sommes en pleine véraison comme le montrent ces jolies grappes de syrah de la Principauté d'Orange sur une parcelle de l'exploitation.

lundi 30 juin 2014

Situation de Juin

La sortie de raisin est belle cette année, bien plus jolie que l'an passé avec peu de coulure (chute des fleurs avant fructification) pour le grenache et une belle générosité pour la syrah ; les autres cépages ne sont pas en reste. Les rendements devraient être élevés si les orages de grêle les épargnent... Le stade agronomique est un peu délicat, car tout semble joli mais l'oïdium guette et tant que la grappe ne se "ferme" pas (quand les baies grossissent à rentrer en contact les unes les autres) les risques phytosanitaires sont importants.
Peu de traitements ont été appliqués pour le moment : un seul anti-mildiou et 3 anti-oïdium. Le poudrage au soufre du carignan et des vignes en vin de pays un peu vigoureuse est prévu dans les prochains jours.

samedi 10 mai 2014

Faire selon le sens du vent...

Jamais une expression, pourtant peu glorieuse d'ordinaire, n'aura eu tant de sens et de bon sens !
Pour les riverains de la vallée rhodanienne et pour les agriculteurs en particulier, la prise en compte du mistral, de son intensité, de sa fréquence, des événements climatiques potentiels qui l'ont précédé, d'où et de comment il arrive sur une parcelle de vignes en l'occurrence est essentiel pour correctement travailler une terre. Je rappelle que le mistral est LE vent rhodanien qui, grosso-modo descend la vallée de Valence à Marseille, donc du Nord au Sud.
Lors d'une plantation, on prévoit un clone de greffon qui a une bonne résistance au vent (plutôt roseau que chêne...), voire un cépage qui reste à ports droits (grenache, cinsaut, plutôt que syrah) ; les rangs sont orientés en fonction, et il est même préférable lors de la taille de travailler les rangs du Nord au Sud pour éviter de... se mettre un sarment dans l’œil.
Je n'insiste pas sur l'évidente abstention à traiter la végétation avec un mistral trop conséquent (19km/h max en théorie, c'est la loi). Si le vent vient du Sud, alors là c'est trop tard car la pluie est pour le lendemain c'est systématique...
Le mistral est un élément essentiel, dans le Vaucluse en particulier, qui permet de raisonner l'agriculture : c'est un destructeur de mildiou et un anti-pourriture qui, souvent, souffle après une bonne pluie. Et c'est là que le viticulteur se réjouit...

mardi 25 mars 2014

Avancement de la Saison

"L'avancement de la saison" porte bien son nom cette année puisqu'il s'établit à environ 3 semaines d'avance! Ceci est dû à l'hiver très doux et humide que nous avons eu. La situation pourrait se rétablir avec la fraicheur annoncée pour les prochaines semaines. Mais concrètement, nous avons des clairettes blanches et des syrahs qui commencent à débourrer ; ce qui signifie que les bourgeons sont en train d'éclore doucement entrainant avec eux une sorte de coton nommé la bourre. Cela n'a rien à voir avec une quelconque quantité d'alcool ingurgitée !
Le risque de débourrer si tôt est qu'en cas de gel (cela peut facilement arrivé jusqu'au 15 avril) ces petites feuilles toutes jeunes seraient grillées par le froid : la vigne s'en sortirait sans encombre mais la saison prendrait finalement du retard en attendant que de nouveaux bourgeons, souvent plus faibles, veulent bien sortir à leur tour...